Sougueur Bladi

Un marchand de sardines au Gourbi palace de Paris

Un marchand de sardines au Gourbi palace de Paris le 03.01.11 | 03h00 Marc Levy, le nouvelliste français, auteur du Voleur d’ombre, nous conseille de relier le possible au facteur temps : «Rien n’est impossible, seules les limites de nos esprits définissent certaines choses comme inconcevables. C’est une question de temps et de limites de nos cerveaux… tout est possible et que c’est une question de temps, le temps de comprendre comment c’est possible. Il faut souvent résoudre plusieurs équations pour admettre un nouveau raisonnement». De la même manière, je dis : en politique, comme en photographie, la vieille recette des solutions chimiques mélangées dans l’obscurité d’un studio ne fonctionne plus dans le domaine de l’information. Les photos numériques se déplacent à la vitesse de la lumière. Elles arrivent à destination et informent à temps. Chaque génération mérite le discours politique, le mode d’information, le confort, la science et la technique de son temps. Mais quand les vieilles générations ne cèdent pas une petite place de gestion aux générations plus jeunes, le chaos politique obscure envahit les esprits. La lutte des idées s’accentue et l’angoisse d’un futur incertain shunte l’imprévu des discours obsolètes des vieux temps. Accumulant des faits concrets, je vois, aujourd’hui, des princes en carton sortir du néant. Demain, ils se déchireront au fond des oubliettes sans avoir changé en rien la situation de départ dans leurs empires. J’évite de dire le départ de leurs empires. Après un départ inattendu du prince marionnette, les courbettes devant le nouvel arrivé ne seront plus utiles et les coups politiques de petitesse ne changeront pas les mentalités des gens. L’histoire nous dit : «Les occasionnels étaient apolitiques lorsqu’ils habitaient le gourbi. Aujourd’hui, ils avalent la politique au gourbi palace. Une fois chefs de partis, ils chantent au peuple le gourbi». Je m’explique, le gourbi, hutte chez les bédouins d’Afrique du Nord, est une habitation en dessous de l’ordinaire dans une «dachra» ou un douar. Le Gourbi palace n’est pas un château extraordinaire où vit un petit prince déchu, mais un restaurant français à Paris, non loin de la bouche du métro Jacques Bonsergent. Le gourbi, chanson russe, est une mélodie extraordinaire. Vladimir Poutine, le Premier ministre russe, chante le gourbi. La chanson Le gourbi fut écrite par Alexis Sourkov et le compositeur Constantin Listov composa sa musique. Le temps, dimension incontrôlable, nous permet de reconnaître le possible de l’impossible, le juste du faux. L’imagination dans cette dimension est une forme de réalité. Elle est propre aux visionnaires et nouvellistes. Une réalité qui décrypte l’impossible dans un message relié au monde probable ou idéal. Rien n’est impossible, seules les bornes de nos esprits développent certaines choses comme extraordinaires. Chez nous, le projet d’autoroute Est-Ouest était impossible il y a quarante ans. L’extraordinaire du passé est banal chez nous aujourd’hui. L’extraordinaire chez les petits princes peut être très ordinaire chez les communs du peuple si le prince reconnaît la valeur de son peuple. Prince 6 ou Prince 7, le temps crée les princes et détruit les royaumes. Les princes et les présidents princes se fusionnent de la même façon dans le moule des temps. Après cette introduction, permettez-moi de vous dire une chose qui vous semblera un peu bizarre. Certaines gens voient les choses dans le réel et se demandent pourquoi elles sont ainsi. J’imagine des choses qui n’existent pas et je n’ai aucun doute de voir leur existence dans le futur. Il faut savoir aller plus loin dans l’alchimie de l’esprit pour inventer le nouveau. Sans imagination, on ne peut pas réellement avancer et dépasser les cadres ordinaires. Un politicien sans imagination est une personne inconsciente du temps. Le temps découvre les soupçonnés dans un quotidien où fourmillent les incriminés. Ne connaissant aucun gourbi, sans véhicule spatial ou spécial, l’imagination de Copernic dessina la forme convexe de notre terre. Les nouvelles idées découlent toujours de l’imagination. L’imagination est la mère des découvertes et des inventions. Elle est le catalyseur de tous les changements dans le monde. Elle libère l’esprit et donne au corps une énergie de jeunesse. Elle est l’âme motrice de tout esprit vivant. Dans notre culture, l’imagination et la méditation se confondent. Le politicien occasionnel limite son imagination et pense que tous les problèmes que nous rencontrons dans notre vie quotidienne viennent d’une confusion entre le prince tel qu’il était et le prince tel qu’il est, entre l’imagination et la pure réalité. Il suit le prince comme une ombre dans le temps et dans l’espace. Il change de personnalité en fonction de l’humeur et l’humour du prince. Il confond le prince et l’entourage du prince. Il applique la formule : la politique, c’est l’art de s’adapter au pouvoir des princes le plus longtemps. D’autres gens pensent que la vérité est dans les faits et non pas dans l’imagination. Limitant leur génie, ils pensent que l’intuition et l’imagination dans la gérance d’une nation sont réservées aux princes seulement. Cette affirmation n’est pas juste. Nous avons tous les mêmes cerveaux. Certains princes utilisent l’imagination dans le mal et la méchanceté, d’autres gens la perfectionnent dans le bien et le bien-être de leurs semblables. Notre maître d’école n’était pas monarque de raison. Il refusait d’habiter une citadelle et n’aimait pas parler de la politique des châteaux turgescents. Il ne pensait jamais, en aucun moment de sa vie, que l’imagination du bien faire et du bien-être est une illusion destinée à tromper les peuples naïfs de son temps. Il était honnête et crédible. Il croyait vigoureusement que l’intégrité est le courage de dire la vérité à soi-même. Il admettait intentionnellement que l’honnêteté est la volonté de dire la vérité à autrui. Il nous a toujours répété : «Le progrès est l’art de s’adapter au temps.» Je me rappelle, il nous a souvent lié l’imagination au progrès. Il expliquait l’imagination chez Baudelaire : «L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai… qu’est-ce que la vertu sans imagination ?» Il nous parlait aussi du possible et de l’imagination chez Albert Einstein : «L’imagination est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, suscite l’évolution. L’imagination est plus importante que le savoir, car si le savoir concerne tout ce qui existe, l’imagination concerne tout ce qui existera». D’après notre maître d’école, si l’on se contentait uniquement du savoir, on n’inventerait rien de vraiment nouveau dans ce monde. Il continue : «L’imagination peut calmer les folies d’un écolier traversant une adolescence agitée et passagère, mais échoue de modifier ou même d’ajuster les stupidités d’un prince érodé et démoli par le temps». Comme d’habitude, à la fin de la leçon, il nous faisait écrire la vertu de la journée : «Ne mentez jamais à quelqu’un qui vous fait confiance. Ne faites jamais confiance à quelqu’un qui vous ment. Imaginez le juste pour éviter le faux. Aux frontières, le vrai et le faux se superposent et se pénètrent. Je vous conseille d’utiliser l’imagination au moment où vous vous rapprochez des frontières. Au-delà des frontières, votre imagination ne coïncide pas toujours avec l’imagination de votre ministre des Affaires étrangères». En bon éducateur, il conclut : «Chez nous et même chez nos voisins, l’’imagination terminologique de nos responsables d’éducation est sans limite. Il n’y a pas de crise d’imagination éducative, mais des imaginations qui signalent une crise d’éducation. La Palice n’aurait pas mieux dit. Nous sommes habitués à leurs imaginations, ils sont capables de nous faire croire qu’il fait jour quand il fait nuit. En général, quand ils n’imaginent pas clair, ils sombrent dans la routine. Ils ont peur d’imaginer le changement. Ils adorent le statu quo. Chez eux, le statu quo est l’art d’affronter le temps et d’oublier la durée de leur présence dans ce temps». Un jeune imagine et dessine son avenir sur un tableau radieux, enchanté de bonheur et d’aspirations. Un vieux vit dans son passé et gèle son imagination dans les souvenirs d’une jeunesse irréversible. Une jeunesse parfois triste et dure. Une jeunesse de frustré voulant rattraper le retard de sa jeunesse dans une vieillesse très avancée dans le temps. L’imagination oblige une planification à long terme, une information admissible et un savoir solide dans une vie moderne. Le WikiLeaks, scandale causé par un jeune, est un exemple pertinent dans la performance des esprits dans l’imagination. Mais, lorsque le récipient d’une jeunesse est étanche à l’imagination, nous devons prendre nos précautions. La situation est très délicate. Les éducateurs de nos jeunes doivent être conscients de ce phénomène. L’imagination chez un jeune n’a ni borne ni limite. La jeunesse bouillonne d’ambition et d’énergie dans un monde nouveau plein d’imagination. Par contre, chez un prince affairant la vieillesse, l’imagination encercle les bornes de sa future tombe et se bat contre sa fin sépulcrale et effrayante. Dans un pays, dont je ne peux citer le nom, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, un prince s’efforce de vivre la vie comme s’il avait vingt-quatre ans. Ce prince souhaite revivre sept fois sa vie pour terminer l’inachevé dans ce temps. Par défaut, les hommes politisés négligent le facteur temps, même si ce dernier altère leur vision et délaye leur imagination. La résistance au temps déforme la démarche d’un prince charmant, comme le chanteur de chaâbi, le prince soupire et parle en lui-même : «Hier, j’avais vingt ans». Je l’imagine et j’ai droit à l’imagination. Ce prince, assis dans un fauteuil bouffant au dossier doré, corps pourri par la confusion politique et l’esprit détruit partiellement par l’Alzheimer de ce temps, essaye d’imaginer comment stopper les aiguilles du temps. L’imagination, dans un fauteuil luxueux, est stérile et se termine toujours en un cul-de-sac décevant dans le temps. Elle n’enfante ni découverte, ni invention, ni innovation. L’imagination a horreur des impasses capricieuses fossilisées par le temps. L’image numérique du petit écran admet qu’un prince doit dégripper les engrenages de sa mémoire s’il veut suivre la cadence dans un monde véhiculé par les images du récent. Comme tous les Algériens de la classe moyenne, j’ai hérité de l’imagination de mon père, un imam dans un petit village appelé Trézel durant l’ère coloniale. Ce village était bien encadré de feuillages, et de belles histoires racontent sa beauté disparue avec le temps. Dans ma jeunesse, mon père m’a amené chez un menuisier pour m’acheter une planche de bois rouge et une autre de bois blanc. Avant de quitter la menuiserie, il me donna une application dans ma vie : la planche en bois rouge, une fois couverte d’une couche d’argile blanc-verdâtre, jouera le rôle d’ardoise blanche. Par contre, la planche de bois blanc, très légère, va nous servir pour transporter la galette familiale chez le boulanger du coin. Comme tous les pères algériens de son temps, son imagination était très simple. Elle avait pour support deux principes : une planche de très bonne qualité pour graver le savoir et remplir la tête de nouveautés de mon temps, et une autre planche légère, de qualité acceptable, pour transporter le pain afin de remplir le ventre de temps en temps. A cette époque, on apprenait le Coran sur une planche et on amenait le pain au boulanger sur une autre. La planche du pain sur la tête et celle du savoir sous le bras était l’image du quotidien matinal des enfants de mon petit vi lage dans le temps. La vie était simple. Les gens étaient fiers, satisfaits, très heureux même s’ils vivaient en dessous des moyens de leur temps. Mon père, conscient du changement dans le temps, me dit en toute clarté : «Mon petit gars, tu vas vivre dans un temps qui n’est pas le mien. Quand tu seras grand, il n’y aura plus de boutique de bois comme celle-ci, plus d’école coranique qui utilise le bois, plus de pain maison sur une planche pour cuire chez le boulanger du coin.» Il extrapole dans le temps et continue dans son imagination : «Le bois rouge couvert d’argile, le roseau-plume et l’encre préparée de laine calcinée sur une écritoire en terre cuite ne seront plus des instruments pédagogiques pour tes enfants. Tout changera avec le temps et je serai trop vieux pour les aider à suivre le rythme de leur temps.» Effectivement, tout a changé. La pédagogie dans les écoles à travers le monde a évolué. On est passé du tableau noir au tableau vert, puis au tableau blanc. Dans les pays développés, les écoles sont équipées de tableaux électroniques appelés tableaux intelligents ou «smart boards». Imaginez ! Où sommes-nous ? Qu’elle est notre position dans ce temps ? Les mentalités des pères ont changé et la morale pour les enfants n’a plus les mêmes objectifs de notre temps. Certains jeunes se comparent aux fils à papa français, américains et même africains. D’autre part, certains pères jouent au Rockefeller et oublient leur mission de bons papas. Les enfants trouvent que l’éducation et l’instruction ne servent à rien. Ils préfèrent chanter le gourbi et manger au Gourbi palace, même si leur habitat est un vrai gourbi. Ils imaginent et se comparent aux fils de présidents. Les papas trouvent ça normal ! Et acceptent passivement le pourquoi pas papa ! Un jeune, fils de marchand ambulant de sardines, expulsé de France et habitant à Hydra, imagine et se compare à Jean Sarkozy. Il s’affirme en se référant à un texte publié en Europe : «Il est pourtant difficile de ne pas s’unir au chœur de ceux qui, criant au népotisme, trouvent déplacé que soit confié au fils cadet du président Sarkozy la direction du plus grand quartier d’affaires d’Europe. Car, ce Jean, aux longues mèches blondes, n’a en tout et pour tout que 23 ans et n’a jamais rien géré à ce jour, si ce n’est un parcours universitaire peu brillant qui, jusqu’à présent, ne l’a conduit qu’en deuxième année de droit». Moi, Algérien, licencié en science marketing, pousseur d’une charrette de sardines à Alger, plus intelligent que Jean De Sarkozy, je me trouve refoulé de France à cause de la politique Sarkozovitch. Pensant que l’herbe était plus épaisse sur l’autre rive de la Méditerranée, l’imagination conduit ce jeune Algérien à la triste réalité. Je préfère pousser un chariot de sardines avec dignité en Algérie que de gérer un grand quartier d’affaires avec incompétence à la manière de ce petit Jean. Gérer avec incompétence est un art honteux déguisé en fierté moderne chez d’autres. Avec l’argent de mes sardines, je peux me permettre une collation au Gourbi palace et une belle musique gourbi tous les mois. Dans la même optique, l’image du fils de Sarkozy diffère de l’image du petit-fils d’un ancien président des Etats-Unis d’Amérique. Ce petit fils, un homme de grande simplicité, humble et modeste, était invité pour faire un discours de business dans une conférence internationale scientifique. Assis dans un fauteuil doré face aux caméras, le petit-fils du président américain se lève et se dirige vers la tribune réservée aux conférenciers. Il termine son discours bouche souriante et cœur satisfait. Il était sincère, honnête et humain. Il a parlé des méthodes pratiques pour attirer les investisseurs étrangers. Il a tout dit. Nous avons tous compris le message. L’Amérique n’est plus l’eldorado des bons vieux temps et les libertés se redressent de plus en plus avec le temps. Dans la même salle de conférences, le distingué homme de science, le Pr Al Boukhari, professeur au MIT, était présent. Le professeur algérien était invité pour diriger un panel scientifique sur le même thème. Une fois le discours du petit-fils du président terminé, je demande au professeur algérien son avis sur le contenu scientifique du speech. Il me répond : «Ce conférencier, d’un grand-père très connu, est un cavalier héritier. Il est à cheval sur les principes américains. Le cheval appartient à son grand-père. Son grand-père était président d’Amérique. Les principes américains couvrent ses défaillances.» Calme et sûr de lui-même, il continue : «Cher frère, nous sommes des Algériens. Notre souhait, c’est de voir notre pays dans la prospérité, le bien-être et la paix. Notre pays est très beau, les Algériens sont superbes. Notre pays a des hommes capables, des hommes de valeur. Nous avons tous les atouts pour être un pays exemplaire. Les Américains ont leurs principes, nous avons les nôtres.» Comme le jeune marchand de sardines de Hydra, l’imagination du professeur algérien a schématisé la réalité. La fierté de chez nous est différente de la fierté de chez les autres. Il navigue dans son imagination et dit sans complexe : «Les Occidentaux ne sont pas plus intelligents que nous, je me demande pourquoi les choses sont lentes chez nous.» L’éminent professeur de biotechnologie, le Pr Massahero, de l’université Ritsumeikan du Japon était à table avec nous. Il a entendu notre discussion. Homme de science et des voyages de recherche dans le pôle Sud, plein d’imagination et d’humour, il bouge sa tête après réflexion. Il a très bien compris les paroles du professeur algérien. Il sourit et commence son message par une très belle imagination. Le fauteuil doré est la source de tous les conflits de ce temps. Le fauteuil doré est un siège d’honneur et de respect. Le siège devient piège si l’occupant manque d’imagination. Le siège et le piège se séparent par un mur imaginaire appelé temps. Un homme commun peut s’acheter un bon fauteuil doré ou argenté, mais ce fauteuil ne fera jamais de lui un homme d’honneur distingué. Mahatma Gandhi, le leader spirituel indien, avait comme fauteuil son imagination. Assis par terre comme tous les Orientaux, il libéra son peuple de tous les complexes coloniaux, même du siège anglais signe de civilisation. Son imagination refusait les titres de façade et chassait la noblesse achetée avec des roupies mal héritées. Imaginons un monde sans fauteuil. L’image de l’homme assis par terre ne dévalorise pas l’importance des hommes. La valeur des hommes ne se mesure guère par la taille des fauteuils qui les contiennent. Elle se mesure par le génie, la vision, la modestie et le courage de dire la vérité. Elle se quantifie par la capacité intellectuelle de distinguer le faux du juste, le durable de l’éphémère. On s’assoit sur une chaise, c’est son utilité première. La chaise, ce dispositif très familier et trop désiré, peut être un siège sous forme de banc, de chaire, de fauteuil, de canapé, de tabouret ou de trône. Une fois électrisée ou motorisée, cette chaise fait peur aux gens. L’imagination révèle qu’une chaire résulterait de la prononciation du «s» de chaise en roulant le «s» à la manière espagnole ou italienne. Le «r» et le «s» sont voisins sur le clavier d’un ordinateur. Une faute de frappe sur un clavier peut transformer votre chaise en une chaire. La chaire désigne le siège d’un personnage important, alors que la chaise est attribuée à un siège d’usage banal. Le Pr Massahero continue et dit : «Les Algériens et les Japonais sont sur la même trajectoire de la lumière. Les Algériens et les Japonais ont beaucoup de choses en commun. Leur simplicité dans la vie repousse l’arrogance et le complexe qui naissent dans un fauteuil bouffant». Comme le jeune de Hydra, l’imagination du professeur Massahero le conduit à la réalité : les pingouins en plastique assis dans un fauteuil, made in China, ne valent pas les pingouins de mon Antarctique qui s’allongent librement sur la neige. Le Pr Polandsky entendit les dernières remarques du professeur japonais. Etonnée de la discussion algéro-japonaise, elle bouge la tête et navigue dans son imagination. Polandsky est professeur de génie civil d’origine polonaise. Elle est actuellement professeur à Concordia université, au Canada. Elle connaît très bien les Algériens. Elle était professeur de génie civil à l’université de Constantine de 1981 à 1986. Les larmes aux yeux, elle nous regarde et dit : «Les meilleurs moments de ma vie étaient en Algérie. L’Algérie est le paradis sur terre.» Elle se rappelle de ses anciens élèves. Elle nous raconta sa vie parmi les familles algériennes. Sa fille a grandi en Algérie. Elle a passé son enfance à Constantine. Elle nous fait une confidence : l’imagination a obligé sa fille de vivre à Hollywood. Elle déteste le froid atroce du Canada. Dans son imagination, la Californie lui rappelle son enfance en Algérie. Elle continue, la Pologne était socialiste. Les Polonais rêvaient de l’ Allemagne de l’Ouest. L’Algérie était la route vers le Canada. C’est dommage, en 1988 ils ont créé une crise en Algérie. En 1989, la situation géopolitique change. Les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan sans victoire. C’est ainsi que le mur de la honte de Berlin «tombe» la nuit du 9 novembre 1989. Cet événement a été appelé dans l’histoire de l’Allemagne «die Wende» (le tournant). Dans un monde défait, la Pologne devient capitaliste. Passant par l’Algérie pour arriver au Canada, comme le jeune marchand de sardines de Hydra, l’imagination de la professeure canadienne dessine la triste réalité. L’herbe n’est pas plus grasse de l’autre côté de la planète. En conclusion, le Pr Van Bric, un professeur d’université à Hambourg, un Allemand rude, exact et discipliné, utilise son intelligence et nous dit : «Le 3 octobre 1989, Mikhaïl Gorbatchev est à Berlin-Est pour célébrer le quarantième anniversaire de la naissance de la RDA. Dans un discours imaginaire, Gurbi réalise le départ de son empire. En ce jour historique, l’imagination confronte la réalité de ce temps. Gurbi indique à ses dirigeants que le recours à la répression armée est à exclure de son imagination. Pour votre information, Gorbatchev se prononce Gurbitchov en allemand. Les Allemands aiment l’appeler Gurbi. Gurbi se prononce exactement comme gourbi, la chaumière nord-africaine. Comme Gurbi, Obama va annoncer le retrait de ses troupes d’Afghanistan sans victoire dans peu de temps».Naviguez dans votre imagination… Imaginez la géographie du Maghreb africain. chaalal@scientist.com Dr Omar Chaâlal (Professeur associé Génie des procédés)



03/01/2011
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